A pied…

14/03/2011

Date: Mars 2011  Lieu: Corse,  Quelque part par là… Temps de promenade: 5h et quelques…

Thème: Réflexion

Photos et Texte: Romain Quesada

« Quelque soit le lieu, partir à pied, emprunter les voies piétonnes comme automobiles, et marcher. Après la ville dense d’habitation, d’activité, de gens vient l’urbanisation diffuse. L’étalement présente au moins l’intérêt de la transition. Les interstices se multiplient entre les constructions. Cultivées ou enfrichées, la nature commence à y reprendre certains de ses droits. Moins séduisant à première vue que les sites proposés par les guides, ils sont plus discrets aussi, invisibles aux yeux du conducteur.  Plus hospitaliers souvent, ils se prêtent volontiers à l’accueil des gens de passage, de la biodiversité, de tous ceux qui sont rejetés par une société de plus en plus policée. Ces « entres » nous invitent pourtant à découvrir la réalité des territoires, tout autant qu’un site classé. Patrimoine? Une question de point de vue…

Puis la transition s’amenuise au profit d’un paysage de champs, de forêt ou de montagne. La route, elle, n’a plus d’autre fonction que de relier des villes éloignées, son emprise est univoque, y marcher demande d’accepter la cohabitation rapprochée avec la voiture… L’autre vitesse, l’autre bruit, l’autre état d’esprit… Le promeneur se permet des libertés, pas de précipitation pour trouver un stationnement ou la bonne route, pas de lourdeurs contraignantes. Quitter la route lorsqu’on le désir, prendre ce chemin, grimper sur ce rocher ou rentrer dans ce roncier… Prendre le temps! Découvrir, comprendre parfois, rencontrer toujours.

En marchant sur la départementale, en direction du col, un pointon rocheux attire mon regard. Quelques ensembles de pierres, à quelques 200 m de la route, semblent dessiner des faces bien marquées… Aucune voie n’y mène. Un cordon de végétation dense (Chênes verts, arbousiers, ronces,…) rend difficile l’accès à l’escarpement. Après un passage dans les ronciers puis les enrochements, l’espace s’ouvre. Plus haut, des murs en pierres sèches se dressent vers le ciel. Installés sur des pentes raides, en plan de colimaçon, se trouvent les vestiges d’une quinzaine de constructions. Elles sont à l’abri du vent du large et des regards, derrière de grands rochers. Intelligence de  la situation. Quelques-unes dominent le petit plateau et sont agrémentées par un ou deux chênes verts âgés d’une cinquantaine d’années. Des passages permettent d’y déambuler, certains tiennent du chemin, d’autres de la sente animale. Perché, le site domine le paysage littoral. Cette position légèrement vertigineuse et éloignée de la ville lui confère une puissante ambiance de tranquillité…

Une page de l’histoire comme une autre, une invitation à rencontrer toujours plus le génie des lieux et la confirmation que la promenade, comme la randonnée, nous rappelle au bénéfice de la légèreté et  de la liberté.

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